C’est le moment de l’année où beaucoup de couples prennent la décision de se séparer.
Si votre décision de vous séparer est ferme et définitive, bien commencer le processus est un pas énorme. Je vous invite à réfléchir aux objectifs que vous souhaitez atteindre, à votre but ultime.
Voici les trois questions que vous devriez vous poser.
QUEL BUT SOUHAITEZ-VOUS ATTEINDRE ?
Vous pensez peut-être que cette question est superflue : vous souhaitez ne plus vivre avec votre ancien compagnon. Oui, c’est vrai, mais votre expérience sera plus riche et moins douloureuse si vous lui donnez un sens.
La séparation est mieux vécue si vous avez un objectif pour vous-même.
Avez-vous observé que c’est souvent difficile de quitter une maison lorsqu’on doit déménager ? Pourtant c’est une décision mûrement réfléchie. Mais ça fait un pincement au coeur. Pourtant, quand vous avez la perspective d’habiter dans un nouveau lieu qui répond mieux à vos besoins, et dans lequel vous vous sentirez bien, c’est beaucoup plus facile de quitter les lieux.
Toutes proportions gardées, c’est un peu la même chose quand on se sépare. Si vous êtes axé sur le souhait de quitter l’autre et ne plus voir sa tête quand vous rentrez chez vous, vous êtes surtout dans le ressentiment et le deuil de cette relation. Mais si vous vous projetez dans le but de vous sentir épanoui et libre, alors votre séparation prend un sens positif pour vous-même.
L’objectif ultime que vous définirez n’est pas seulement matériel, c’est aussi la projection de qui vous voulez être après la séparation.
La séparation peut se dérouler selon vos plans.
Dans les premiers temps, ce n’est peut-être pas très simple à visualiser.
Mais si vous faites, accompagné ou non, un planning pré-divorce, de façon réfléchie, vous aurez une stratégie, un plan, des étapes incontournables, une sorte de “roadmap”.
C’est à cela, entre autres choses, que peut servir un accompagnement au divorce. Vous y trouverez des questions que vous ne vous êtes pas posées et c’est vous, et vous seul, qui avez la réponse.
Plusieurs personnes expriment, au début de leur séparation, le désir de se replier sur soi, de s’isoler dans l’espoir de se ressourcer. Je vous mets en garde contre cette tentation de l’isolement. L’isolement dans une période où les émotions sont mêlées et exacerbées n’est pas ce que je vous conseille. Pourquoi ? Parce que vos émotions, de colère, de peur, de tristesse, ne sont pas vos meilleures alliées.
D’un autre côté, vos proches sont souvent très confus eux-mêmes, ou bien ils projettent leur propre histoire, ou encore leur connaissance des expériences de personnes qu’ils ont cotoyées, voire leur simple intérêt personnel. Quant aux avocats, il faut cesser d’attendre d’eux qu’ils vous apportent la réparation de vos chagrins. Ce n’est définitivement pas leur rôle. Combien de personnes ont le nez tellement collé à leur procédure qu’ils oublient de donner un sens à leur vie future ?
Votre vie future devrait être la première préoccupation de votre esprit. Construisez. Regardez devant. Et rappelez-vous de cet adage que j’aime beaucoup : “ pour qu’une porte s’ouvre, il faut qu’une autre se ferme.”
QUEL TEMPS VOUS DONNEZ-VOUS POUR ATTEINDRE CE BUT?
Une séparation prend toujours plus de temps que vous ne le pensez.
Peu importent vos intentions, tant que vous et votre compagnon n’aurez pas tout posé sur la table, le processus sera lent.
La collecte des informations nécessaires, le choix des professionnels compétents (du notaire pour le partage des biens jusqu’au déménageur..), les prises de rendez-vous, et si vous passez devant un juge plus encore, cela peut prendre beaucoup de temps.
Je conseille d’éviter deux écueils : une précipitation qui rend votre situation trop précaire et une lenteur à la décision qui enlise la situation. Le plan ou le tableau de bord que vous aurez fixé vous-même vous évitera ces obstacles.
Réduire au maximum ce temps est un objectif en soi.
C’est la raison pour laquelle j’ai fait mienne la théorie de Marie Kondo sur le rangement (voir ma méthode du divorce en 80 jours). La séparation se fait en entier, embrassant tous les sujets, et en une seule fois, c’est-à-dire en déroulant votre plan sans vous arrêter.
Et c’est possible si vous avez clairement en tête l’idée de votre objectif final. Par exemple, habiter dans un quartier proche de la résidence de mon ex-compagnon, avoir un logement de deux pièces, pour l’accueil de mon adolescent, m’inscrire au cours d’anglais auquel j’avais toujours renoncé jusqu’alors, programmer systématiquement une sortie le soir où mon enfant repart pour m’éviter le blues du nid vide, etc…
Vous devrez alors composer avec un certain budget.
DE QUEL BUDGET DISPOSEZ-VOUS POUR COMMENCER VOTRE NOUVELLE VIE ?
Si vous êtes rationnel et raisonnable, votre nouvelle vie est accessible dans un budget réaliste.
Si vous parvenez à négocier votre séparation en vous parlant de façon civilisée, vous avez gagné un point fondamental.
Mais ce n’est pas toujours possible. Dans tous les cas, se faire accompagner dans sa séparation est un moyen de réduire ses coûts. D’abord parce que vous aurez défini une ligne de conduite qui évitera des erreurs de mise de fond inutiles, ensuite parce que l’aide à la communication que cela vous apporte peut vous éviter une procédure d’avocat.
L’accompagnement à la séparation rend la communication possible.
Le premier poste d’une séparation est très souvent l’avocat qui mène votre procédure. Et si vous pensez que vous n’aurez pas recours à un avocat parce que vous n’étiez pas marié, détrompez-vous, les contentieux judiciaires des couples non-mariés pour des litiges de résidence des enfants sont plus nombreux encore que pour les couples qui ont divorcé, car les règles n’ont pas été clairement fixées au moment de la séparation. Bien sûr, les contentieux ne peuvent pas toujours être évités. Mais pensez à votre objectif de sérénité future, avant de vous y jeter tête baissée.

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